Numérique 1 – Emploi zéro !

 

J’aime le web et j’aime le monde numérique plus généralement. Les nouvelles technologies ont permis de créer une valeur absolument gigantesque, elles ont créé de nouveaux marchés inimaginables il y a quelques années, en somme elles ont largement augmenté la taille du gâteau !  

En revanche, il ne fait plus trop de doute que le numérique détruit beaucoup plus d’emplois qu’il n’en crée, il va même peut-être détruire tous les emplois… Pour éviter tout de suite les remarques et commentaires : je ne me plains pas de ce fait, je l’accepte, et je pense que nous devrions collectivement réfléchir à la société dans un monde post-emploi.

Cette idée du numérique qui détruit l’emploi est en train de monter fortement et elle est de plus en plus documentée. Rien que cette semaine, la couverture de The Economist  , un billet sur France culture  ou encore une interview de Paul Jaurion  dans le figaro. Sans parler des livres comme Who owns the future de Jaron Lanier, ou encore The second machine age.

Certes, le numérique crée aussi de l’emploi. Mon métier est d’investir dans des startups et de les accompagner pendant leurs premières années. Quand elles trouvent leur marché, elles passent de 4  salariés à 10, 20, 100 salariés et plus au fil des années.

Cependant la plupart de ces startups créent des services, des solutions technologiques qui optimisent et automatisent des process faits auparavant en partie par des hommes. Ou alors elles désintermédient des acteurs en place et globalement permettent de faire à 5 ce qui nécessitait 30 personnes auparavant.

Le numérique lui-même est pris dans ce tourbillon. D’après ce rapport (pdf), le nombre d’employés par start-up se réduit au fil des

création d’emplois des startups US

années. Et dans chaque conférence, on entend toujours les mêmes histoires de sociétés qui dominent un marché avec très peu d’employés (Instagram: 13 employés, Lending club 150 employés)

Il ne fait aucun doute que le numérique crée et libère une énorme valeur : les chiffres de progression de la productivité ne laissent aucune place au doute, comme l’évoque ce billet récent de Gilles Babinet . Mais croyez-vous vraiment que ces progrès de productivité créent des emplois. La destruction créatrice de Schumpeter fonctionne parfaitement au 21ème siècle. D’énormes pans d’industries sont détruits, éclatés, transformés par de nouveaux modèles, uniquement possibles grâce aux capacités numériques. Il y a bien destruction puis création d’une valeur plus grande. Mais une création de valeur n’implique plus forcément une création d’emploi. Nous sommes trop habitués à raisonner en termes d’emplois, à lier la valeur collective à la création d’emplois. Le chômage est l’indicateur clé qu’il faut maîtriser, faire diminuer… Nos politiques ne raisonnent que comme cela, rappelez vous « travaillez plus pour gagnez plus » de Sarkozy, ou  » l’inversion de la courbe du chômage » chère à Hollande.

Il y a bien comme toujours destruction et création d’emplois. Cependant ce n’est pas un jeu à somme nulle, et surtout les emplois détruits sont très différents des emplois créés, comme l’explique cet excellent article d’Hubert Guillaud dans Internet Actu  :

Aujourd’hui, tout le monde s’interroge sur la durée, la nature, l’ampleur de la phase de destruction de l’emploi. On estime à 7,5 millions le nombre d’emplois perdus ces 5 dernières années aux Etats-Unis, principalement des emplois intermédiaires (entre 38 et 68 000 dollars par an soit entre 27 et 50 000 euros). Sur les 3,5 millions d’emplois créés sur la même période, 29% concernent des salaires élevés, 69% des salaires très bas, et seulement 2% des salaires intermédiaires. Dans la zone euro, la disparition d’emplois de salariés intermédiaires s’élève à 6,7 millions et la création d’emplois à 4,3 millions, essentiellement des emplois peu rémunérés là encore. Source InternetActu

La classe moyenne est donc en train de s’enfoncer vers la pauvreté. Ce genre de mouvement n’est malheureusement jamais trop bon pour l’économie mais surtout pour la démocratie. Mais ceci est un autre débat.

Voici quelques tendances fortes que j’ai pu découvrir sur l’impact du numérique sur le travail et surtout l’emploi.

L’automatisation et la robotisation 

C’est l’axe le plus évident, le plus tarte à la crème. Nous voyons apparaître des algorithmes et des robots qui remplacent simplement et directement des activités faites auparavant par les hommes. Les robots dans les usines, l’impression 3D sont autant d’exemples d’optimisation de la production qui remplacent et démultiplient la force humaine certes mais aussi pour des taches de plus en plus complexes. De la transformation des secteurs primaires et secondaires (agricultures et production) issue de la révolution industrielle et la mécanisation, la puissance numérique va transformer le secteur tertiaire des services qui représente aujourd’hui 80% des emplois.

Le premier âge était celui de la Révolution Industrielle inaugurée à la fin du 18ème par la machine à vapeur. Le Premier Age, c’est celui où la machine remplace la puissance musculaire de l’homme, où cette puissance augmente à chaque évolution, mais où l’homme est toujours nécessaire pour prendre les décisions. Et même, plus la machine évolue, plus la présence de l’homme est nécessaire pour la contrôler. Le premier âge, c’est donc celui d’une complémentarité entre l’homme et la machine.

Le Deuxième Age est très différent : on automatise de plus en plus de tâches cognitives et on délègue à la machine les systèmes de contrôle qui décident à quoi la puissance va servir. Et dans bien des cas, des machines intelligentes prennent de meilleures décisions que les humains. Le Deuxième âge, ce n’est donc plus celui de la complémentarité homme-machine, mais celui d’une substitution. Et ce qui rend possible ce phénomène, ce sont trois caractéristiques majeures des technologies contemporaines : elles sont numériques, combinatoires et exponentielles.

Source:  Xavier de la Porte sur france culture

Prenons l’exemple des google cars.  On sait aujourd’hui faire conduire une voiture sans conducteur dans les rues d’une ville. Et quand demain cette ville sera remplie de capteurs, quand les voitures de devant et de derrière transmettront leur vitesse, il y aura comme des rails numériques et dynamiques permettant d’assister la voiture dans sa conduite.  Pensez-vous que l’on parlera encore dans 20 ans de la querelle taxi vs VTC quand tous ceux-ci seront remplacés en grande partie par des robots et des algos ?

Les régies publicitaires sur internet sont aussi une illustration de cette tendance, d’autant plus intéressante car la création et destruction s’est faite sur un cycle très court. Lors de la première ère du web, parmi les premières entreprises créées, il y a eu l’ecommerce et les régies publicitaires. Ces dernières ont traité le web comme un média et ont donc permis la monétisation de l’audience. C’est aujourd’hui encore le modèle économique d’une grande partie du web grand public. De 95 à 2005, il s’est créé un grand nombre de régies publicitaire web et mobile. Il y a eu un mouvement de concentration assez naturel sur ce genre d’activité, mais surtout l’arrivée du programatic advertising qui, tel un ouragan, est passé sur ces régies dont l’essentiel de la force de travail était des commerciaux vendant de l’espace d’affichage. Avec le Ad exchanges, un humain seul peut acheter ou vendre des milliards d’impressions.  Ces régies, qui en 10 ans ont créé beaucoup d’emplois, sont en train d’être désintermédiées par des places de marchés et automatisées par des algorithmes. Alors que, dans le même temps, le nombre d’impressions potentielles, le nombres d’écrans et le nombre d’annonceurs explosent.

L’économie horizontale

La véritable puissance du web est dans son organisation en réseau décentralisé (plus ou moins neutre…) et donc sa capacité à supporter les organisations et des modèles économiques en réseaux.  Le succès actuel de la consommation collaborative avec des startups comme airbnb, blablacar, kisskissbank, La ruche qui dit oui (disclaimer à l’anglosaxon : mon employeur est investisseur dans La ruche Qui dit Oui et KissKissBankBank) permettent d’acheter, de partager, de louer les biens et services d’autres consommateurs. Ces plateformes créent énormément de valeur en rapprochant directement offre et demande et en supprimant les intermédiaires.

Elles entraînent une situation intéressante : d’un côté elles concurrencent Lire la suite »

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HackthebankParis first edition : a quick summary

We all gathered on a gloomy November Saturday morning for the first edition of HackTheBank in Paris.

I took part of the organization with the folks from La Mutinerie,  OpenBankProject and Anatec (a Paris based quantitative portfolio management tool).

We were around 50 people (I have to admit mostly men). I was really happy to see that we had teams coming from Berlin and London. Thank you very much to all the participants.

You can see the ambiance of the day thanks to that quick video (thank youy Masha for filming and editing)

quick video summary of HackThebank Paris #1

 

The day started with a presentation of the API providers that were kind enough to send people to present the API and help the teams during the day.

The APIs present were : Mangopay (a white label wallet for C2C marketplaces),  The CurrencyCloud (and API for currency exchange), Mailjet a mail sending API, CozyCloud (a personal cloud with PFM capabilities) , OpenBankProject (an opensource middleware for large banks), Nexmo an SMS API and last but not least Oauth.io the great new API by the team of Webshell to easily manage the Oauth authentication.

After the presentation it was time for the quick pitch to promote the project they wanted to work on for the day. After some exchanges and discussions we had 10 teams ready to code the projects for the rest of the day:

  • PayFair : a group splitting payment solution with a nice trick. If you’re late paying back your friends, you pay interests. Those interests then go to an NGO, choice of the one that advanced the funds.
  • http://www.cryptoratings.co/  The standard and Poors of Cryptocurrency. With the explosion of  cryptocurrencies (yes there is other cryptocurrencies and not only Bitcoin), we’ll need trusted third party to rate the level of trust in those currencies.
  • Trigger : the ifttt of bank accounts. A nicely designed automatic banking alogorithm. Used Anatec, Mangopay, Oauth.io. And they made a nice presentation




Trigger, HackTheBankParis1

  • Naabu : a recurring payment solution but more built towards the consumer market. Project looked good but unfortunately the team gave up before the presentation because of a long party the night before. Thank you for coming and building stuff anyway.
  • Tutorsbox : Bitcoin as a bonus for student. Tutorsbox is a whiteboard tool for students. During the hackaton they worked on the development of an incentive for students based on bitcoins;
  • Uses Mangopay, mailjet, coinbase, mtgox APIs.
  • Currency Holyday : A nice group paying application for groups that go on holyday in a foreign country. Managed the “I owe You” between the different members and of course the currency exchange as 2 of the team members where from the Currency Cloud. Used OAuth.io, Mangopay and The Currency Cloud.
  • Opentax : just give your bank account details to a PFM, it will get how much you pay in Taxes and then tells you how much of your taxes went to education or military. Nice job by a developer that was alone.
  • Toutestrelatif : same idea with OpenTax but here you can compare how much you earn with how much is earning let’s say a nurse in Russia or Tiger Woods. Cool idea by the team of Cozycloud.
  • Living : a team of 3 developers that came directly from London and worked on a really nice banking interface that remind me of Simple. The demo they showed us looked really nice. They came to test different APIs like OpenBankProject or TheCurrencyCloud. And this is the main goal of a hackaton, play around with different APIs you can test for different projects.
  • Transaction Search : Finally Simon from OpenBankProject showed us his  afternoon work with search on large number of banking transactions thanks to the Amazon Elastic cloud API.

All the projects are available here ( http://www.hackathon.io/hack239/projects ) and all the team that participated are welcome, if they want, to add anything related to their project (Github, screenshot…)

For the final presentation of the projects we even had some guests that came from the innovation department of different large banks to see the ideas of the day. We then had some wine and food and networked for the rest of the evening.

I want to thank all the participants that took on their private time to come to the events, all the people that helped in the organization of the event and of course all the sponsors that paid for the food, drinks and venue :

  •  MangoPay a white label wallet for marketplaces
  • http://www.finance-innovation.org/  the Paris Fiancial services cluster that sponsored and one of the member of the team was here most of the day. Thank you
  • XAnge Private Equity : a VC fund based in Paris and Munich investing in tech company and in FinTech companies (and it is my employer so thank you to my boss!)
  • Mailjet : a cloud emailing platform that support most of the hackaton in Paris!
  • TheFamily : the « coolest » Paris based accelerator program.

I really hope everyone was happy with the day they spent. On my side I had a great day and of course we did not have groundbreaking startup or ideas that came out of the day but that is not the idea. The idea is to have a bunch of people gathering for a full day, networking and testing different APIs. The idea is to have business partnership starting, the idea is to roll the dices as much as possible.

Long live the #Fintech scene !

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Winklevoss Bitcoin Trust, why?

The WINKLEVOSS brothers are long on Bitcoin. They said it several time and they hold a large chunk of Bitcoins (around 1% of the market cap ==> around 10M$ according to this Techcrunch article).

Well they just announced filing for a 20m$ IPO for the WINKLEVOSS BITCOIN TRUST an investment vehicle that will mimic the bitcoin value. Here is the IPO document on the SEC website (full of analysis of the bitcoin ecosystem). They want to create a sort of mutual fund where investors can buy sharse of the fund that will mimic the value of a Bitcoin

Extract from the Prospectus :

Trust Structure

The Trust is a common law trust, formed on [ ], 2013 under New York law pursuant to the Trust Agreement between the Sponsor and the Trustee (“Trust Agreement”), which sets forth the respective rights and duties of the Sponsor and the Trustee and establishes the segregated custody account of the Trust that will be used to hold the Bitcoins deposited with the Trust (“Trust Custody Account”). The Trust holds “Bitcoins,” a digital commodity based on an open source cryptographic protocol existing on the online, end-user-to-end-user network hosting the public transaction ledger, known as the “Blockchain,” and the source code comprising the basis for the cryptographic and algorithmic protocols governing the issuance of and transactions in Bitcoins (the “Bitcoin Network”). The Trust is expected from time to time to issue Baskets in exchange for deposits of Bitcoins and to distribute Bitcoins in connection with redemptions of Baskets. The investment objective of the Trust is for the Shares to reflect the performance of a weighted average price of Bitcoins (“Blended Bitcoin Price”), less the Trust’s expenses. The Sponsor believes that, for many investors, the Shares will represent a cost-effective and convenient means to access exposure to Bitcoins. The material terms of the Trust Agreement are discussed in greater detail under the section “Description of the Trust Agreement.” The Shares represent units of fractional undivided beneficial interest in and ownership of the Trust and are expected to be traded under the ticker symbol “[TICKER]” on the [EXCHANGE].

….

The Trustee is [TRUSTEE]. In its capacity as trustee of the Trust, the Trustee is generally responsible for the day-to-day administration of the Trust. This includes (1) transferring the Trust’s Bitcoins as needed to pay the remuneration due to the Sponsor (“Sponsor’s Fee”) in Bitcoins (such Bitcoins transfers are expected to occur approximately monthly in the ordinary course), (2) calculating the NAV of the Trust and the NAV per Share, (3) receiving and processing orders from Authorized Participants to create and redeem Baskets and coordinating the processing of such orders with The Depository Trust Company (“DTC”), (4) transferring the Trust’s Bitcoins as needed to pay any extraordinary Trust expenses that are not assumed by the Sponsor and (5) selling the Trust’s remaining Bitcoins at termination of the Trust and distributing the cash proceeds to the owners of beneficial interests in the Shares (“Shareholders”) of record.

why are they creating that fund and raising investors money through an IPO, what’s their strategy? Here is my take :

  • They think there is a demand for bitcoin but the market is not liquid enough and easy to access for the main street crowd. By creating shares of a Trust they allow investors to ride the bitcoin wave (represented by its exchange rate) with regular investment accounts. The value of the stock will mimic the value of bitcoin. The business model will be one of a fund with management fees.  My opinion is that this fund/Trust structure adds layers of fee and intermediary where I don’t see a real value delivered.  I think I would rather have a Bitcoin ETF even though I have no idea on how to build one or even if it is possible. Moreover it is not that complicated to buy Bitcoins eventhough there are sometimes liquidity issues.
  • Since they own a large number of BitCoins, they also want to see the value of bitcoin going north. It’s been stable around the 100$ level for the last 2 months. If the twins manage to raise 20M$ through the IPO, they’ll buy Bitcoins and boost the price up  by pouring 20M$ in the Bitcoin asset class. Today the market cap of the total bitcoin mass is 1 B$ (there is roughly 11.3 M Bitcoins created so far : 11.2M * 97$ = 1.04 Billion $ of market cap). So with 20M$, roughly 2% of the market cap, can they move the price up? well I don’t know. Maybe they also think that bringing more media attention and a “legal” framework will push the value of Bitcoin up.
  • Maddof style? Or maybe, they just found a quick way to make a 10M$ profit, by selling their own Bitcoins to the fund investors for 10M$ and then keep the other 10, like @Beautyon_ mentioned in his tweet.

I don’t have a high level of trust with the Winklevoss twins. Maybe I am wrong and it is only because of the movie and the overall « bad » image the brothers have. So I don’t know if I would invest in that found. It is not that complicated to buy Bitcoins through the different marketplace out there. I don’t really see the Lire la suite »

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Un commentaire

Bitcoin : le système monétaire de l’ère du web

L’actualité très récente a mis Bitcoin sur le devant de la scène. Alors que la valeur du Bitcoin a dépassé les 100€, des acteurs de l’écosystème Bitcoin subissent des attaques ou des difficultés à fournir leur service. Il en résulte que tous les gros sites internet finissent par parler de Bitcoin, qui fait même la une du Financial Times aujourd’hui 4 avril 2013 !

Cela faisait très longtemps que je voulais écrire un billet sur Bitcoin, je profite donc de cette crise d’euphorie autour du Bitcoin pour me donner un coup de pied aux fesses et tenter de résumé dans ce billet ce que je sais du Bitcoin. Si de vrais Bitcoiners me lisent, pardonnez s’il vous plait par avance mes simplifications. L’article ne sera pas complet et ne rentrera pas dans les détails du fonctionnement du Bitcoin mais tente plutôt d’en décrire les grands principes.

Le Bitcoin qu’est ce que c’est ?

Bitcoin, c’est

-          un réseau alternatif de traitement des transactions sur internet,

-          utilisant une monnaie autonome,

-          P2P,

-          open source,

-          prévisible et mathématique.

Le mot bitcoin désigne à la fois les unités de compte qui circulent sur le réseau bitcoin et le réseau lui-même, qui permet de transmettre et de valider les transactions en bitcoin. C’est de ce point que vient beaucoup de confusions.

Je répète Bitcoin c’est :

  • une monnaie, c’est-à-dire une unité de compte  qui permet de stocker de la valeur, d’échanger des biens ou services. Tout comme le sont le $ ou l’€. Cette monnaie a un cours fixé par le marché et c’est ce cours qui est en train d’exploser et qui fait la une des journaux… Cette monnaie n’a pas d’émetteur central et est donc très différente des monnaies complémentaires qui ont existé jusqu’à présent et où il y a toujours un organisme central qui a la main sur le robinet de monnaie (les miles des compagnies aériennes, les Facebook Credit, les World of Warcraft $…).
  • Mais bitcoin est aussi (et surtout) un protocole de paiement décentralisé (P2P) : pour faire simple c’est Visa/Mastercard rencontre Bittorrent. A la différence de Visa/Mastercard ou Paypal qui sont des réseaux de paiements centralisés où celui qui paye et celui qui est payé doivent adhérer au réseau, avec Bitcoin, nous sommes face à un vrai réseau Peer to Peer où je peux payer un tiers sans passer par un point central. C’est bien dans ce réseau de transaction que réside toute la puissance de Bitcoin. Le réseau Bitcoin est une alternative libre et ouverte aux réseaux d’acceptations de paiements qui sont un oligopole de Visa, Mastercard, Paypal et des banques.

Dans la suite du billet j’insisterai plus sur cette vision de réseau de paiement de Bitcoin plutôt que dans la notion de monnaie/or numérique qu’est le Bitcoin même si c’est cet axe qui intéresse actuellement les spéculateurs (dont j’avoue faire parti) et les journalistes.

Concrètement que peut-on faire avec le réseau Bitcoin ?

Aujourd’hui lorsque vous payez en ligne, en donnant votre numéro de carte, vous donnez l’autorisation à un tiers de venir tirer l’argent sur votre compte. A chaque fois que vous achetez en ligne vous diffusez donc un point d’entrée vers votre compte en banque. Avec le protocole Bitcoin, on parle de « Push payment » ou encore de « cash numérique ». S’il y a « coin » dans le nom c’est bien pour une raison, lorsque vous avez un bitcoin vous avez physiquement la pièce sur votre support (ordinateur, téléphone…).  Je veux payer Amazon je leur envoie 20€ pour un livre. Littéralement j’envoie de l’argent (des bitcoins) de mon compte bitcoin vers leur compte bitcoin. Exactement comme à la librairie du coin de la rue ou je pose 20€ sur table. Avec des moyens de paiements qui s’appuient sur le réseau Bitcoin je peux donc payer en ligne (et dans la rue grâce aux smartphones) sans passer par les systèmes de paiements traditionnels,  surtout sans passer par un point central et avec des commissions extrêmement basses.

Comment ça marche ?

Dans l’univers Bitcoin tout est régi par des adresses qui ressemblent à cela

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Chaque participant au réseau Bitcoin a donc une adresse à partir de laquelle il peut recevoir des fonds, envoyer des fonds et stocker des fonds. L’adresse Bitcoin est l’équivalent du compte en Banque. Par contre tout utilisateur peut créer autant d’adresses qu’il le veut. Toutes les adresses sont publiques mais chacun peut décider de faire un lien entre cette adresse et une personne (ou une entreprises) ou bien de rester anonyme.

Toutes les transactions qui passent par le réseau Bitcoin sont visibles de tous. Des sites comme blockchain.info permettent de voir en temps réel toutes les transactions.Une base de données partagée par tous les participants au réseau bitcoin, constamment mise à jour est représentée par une chaine de bloc qui regroupe l’ensemble des transactions réalisées depuis la création du Bitcoin.

En revanche, le réseau Bitcoin ne s’oppose pas aux monnaies classiques, il est tout à fait concevable d’effectuer des transactions €/€ ou même Lire la suite »

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Expérience bancaire du futur

Imaginons un instant à quoi pourrait ressembler une banque du futur. Pas une banque irréaliste d’un lointain futur lorsque que nous vivrons dans l’espace. Plutôt une suite de services financiers qui existent actuellement et qui regroupés ensemble pourraient fournir une expérience bancaire idéale.

Le monde bancaire étant globalement un monde de gestion de flux et d’algorithme, Internet semble être l’outil idéal pour l’optimiser et le transformer. Certes il y a et il y aura toujours des services fournis autour de la finance et le métier de banquier continuera d’exister. Mais la partie immergée de l’Iceberg des services financiers (les back-office, les acteurs du flux (paiement, transfert, ordre d’achat, les fournisseurs de données….) vont fortement évoluer et impacter l’expérience bancaire des clients qu’ils soient des particuliers ou des entreprises. Un « Financial Stack » va se mettre en place similaire aux « stacks » de programmation. Un Cloud financier apparait avec des couches basses qui fournissent l’infrastructure de base (back office bancaire, DAB, réseau d’agences, réseau interbancaire), des plateformes qui fournissent les outils bancaires (brique de paiement, outil de tenue de compte, agrégation d’API bancaire), et enfin la couche des services et des offres aux clients finaux, les applications bancaires.  Plus d’information sur ce sujet dans ce billet .

Une fois ce « stack  financier » mis en place, une éclosion de services financiers construits pour des acteurs bien précis (particuliers, ecommerçants, jeunes, riches, pauvres…) pourra voir le jour.

Je suis un particulier

Mon interface bancaire ressemblera plus à un flux (une timeline) comme l’interface de twitter, Facebook, Instagram… Une interface qui convient à la fois aux ordinateurs et aux téléphones mobiles. En face de chaque transaction l’utilisateur peut ajouter des données, des meta-données, lier des fichiers (reçus, contrats, bon de commande). Le nom des créditeur / débiteur est clickable et je peux voir mon historique des échanges financiers avec chacun. Des codes couleurs pour les favoris, les récurrents et autres filtres. OpenBankProject ou Holvi ont des interfaces qui s’approchent fortement de cette vision.

Comme sur les réseaux sociaux je peux partager mes comptes (dans leur ensemble, ou juste une partie, avec différents niveaux de granularité) avec des tiers. Avec ma famille, mes associés je peux autoriser un accès permanent ou temporaire. L’équivalent des cercles Google+ peut être utilisé pour choisir mes groupes et conditions de partage. C’est le modèle que met en avant l’OpenBankProject avec son API OpenSource.

Par-dessus cette interface je peux bien sûr lancer des PFM qui me permettent de visualiser, trier et analyser mes dépenses (LinxoBankin en France, Meniga ou Strands en Europe). En plus des options de représentation et de tri sur les dépenses courantes, mon PFM agrège tous mes comptes bancaires mais aussi mes comptes d’épargne, d’épargne salariale. Il me permet de fixer des objectifs et de mettre en place des règles d’épargne automatique, mes comptes en facebook credit, miles air France et en la monnaie complémentaire de ma communauté locale (exemple à Nantes pdf ). J’ai une visibilité en permanence de mon cash-flow avec une anticipation des dépenses et entrées d’argent à venir. La valeur totale de mes avoirs (ou de mes dettes) est en permanence mise à jour. Mon téléphone m’indique après chaque dépense où en sont mes comptes pour le mois en cours et me dit si je peux me permettre d’acheter tel produit ou si je ferai mieux d’attendre 2 semaines que le remboursement de ma mutuelle arrive. C’est l’expérience que tente d’offrir Simple

Les services à valeur ajoutée de mon banquier se basent sur l’analyse par des algorithmes de mes flux financiers. Avec qui j’échange le plus, les plus grosses sommes, le plus fréquemment. Le banquier propose automatiquement des services pour gérer l’excèdent de trésorerie ou à l’inverse adoucir la courbe de remboursement des dettes. Lorsque j’ai des échanges fréquents avec un commerce ou un fournisseur, des liens directs se font entre les comptes en banque afin de limiter les frictions et les frais sur les transferts. Une fois qu’une récurrence d’échange se met en place, un système de crédit ou de faciliter de paiement se met en place.

Avec la mise en commun de mes données de dépenses anonymisées je contribue aussi à la croissance et l’amélioration de moteur de recommandation comme Bundle de Citibank qui va me proposer le meilleur restaurant où aller en fonction de mes habitudes.

Ma banque propose ses services sur Iftt , plateforme qui me permet de déclencher des process d’actions en fonction de certains événements. Par exemple, si mon compte courant descend à 50€ transfert automatiquement 200€ de mon compte d’épargne ouvert dans une autre banque qui fournit elle aussi ses services sur IFTT

Comme ma banque me fournit une API je peux aussi laisser des fournisseurs, des clients, des financeurs récupérer et analyser une partie de mes données bancaires afin de me noter et de me fournir des services adaptés à mes besoins et ma Lire la suite »

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