Innovation Bancaire, 2011 une année mouvementée, qu’attendre de 2012 ?


L’année 2011 a été très chargée dans les innovations technologiques et marketing de l’univers des services financiers. Cette évolution rapide est liée à plusieurs facteurs :

-        Les évolutions technologiques : le cloud qui permet d’agréger et d’analyser de grande quantité de données (et la finance est une activité qui créée et exploite avant tout de la donnée), les Smartphones qui sont l’outil parfait pour faire le lien entre internet et le point de vente.

-        Les évolutions réglementaires : le lobbying de certains acteurs extérieurs à l’univers bancaire et  l’ouverture à une concurrence européenne sont autant de forces qui assouplissent les conditions d’entrée sur un marché où jusqu’à présent la marche était très haute.

-        Les évolutions dans les usages : Le développement de l’usage du smartphone en magasin et une plus grande confiance dans les places de marchés en ligne ont soutenus la croissance de nouveaux services financiers. La dimension « sociale  et communautaire » du web qui s’applique aussi aux secteurs financiers avec l’apparition de réseaux sociaux autour des finances (partager des conseils pour la consommation et l’investissement, se regrouper en communauté pour consommer…)

Je résume ici les tendances qui se confirment en 2011 et en essayent de voir les nouvelles tendances à venir. Le prochain BarCampBank à Paris, le 28/01 sera l’occasion d’échanger sur ces sujets entre autres. Un groupe Google+ fait aussi passer de nombreux liens.

Paiement

L’essor du porte monnaies électroniques (Wallet) : si Paypal a eu le champ plus ou moins libre pendant une décennie sur ce secteur, les gros acteurs ont lancé leurs portemonnaies en 2011 : les opérateurs mobiles (ISIS aux US, Buyster en France…), les banques (Kwixo, ICB), les géants du web (Amazon check Out, Google Wallet). 2012 donnera des indications sur qui seront les vainqueurs, l’indicateur intéressant étant de savoir combien de marchands acceptent ces nouveaux moyens.

Paiement en magasin : La forte croissance du parc de smartphone qui est un lien permanent vers le cloud et permet donc d’être le point d’accès central vers différents services web qui, intégrés, enrichissent véritablement l’expérience de consommation (voir ce billet de la revue banque qui décrit bien à quoi va ressembler cette expérience avec une analyse du rôle joué par tous les acteurs ). En revanche le paiement n’a toujours pas trouvé le capteur du téléphone qui est son meilleur allié : le NFC/Sans contact poussé par les pouvoirs publics et les opérateurs mobiles mais tarde à décoller faute d’un parc installé, l’appareil photo qui sert de capteur pouvant lire les codes-barres ou photographié des chèques, le GPS qui permet la localisation dans un magasin, l’écran tactile qui peut permettre de signer. La réponse est surement dans la combinaison de ces capteurs.

La stratégie d’acquisition suivie par Paypal en 2010/2011 illustre cette tendance qui permet d’utiliser le mobile comme un outil de consommation au-delà du simple paiement (recherche de produits, comparaison et analyse, paiement, promotion, fidélité..). L’évolution des paiements en magasin passe aussi par la connexion des points de vente à Internet : terminaux de paiement ouverts sur IP, boutiques et arrière boutiques connectées (stock, crm, facture, commande, sourcing…).

Enfin l’utilisation du mobile comme terminal permettant d’accepter les paiements semble connaitre un véritable succès illustré par le parcours jusqu’ici sans faute de Square.

Fig1. Dépenses par secteur et montant via Square au Etats-Unis

A suivre en 2012 autour des paiements

-        Croisement plus profond du marketing et du paiement : le paiement s’insère dans des applications de « consommation »

-        Les magasins connectés : pour faire face à des consommateurs de plus en plus connectés, les magasins doivent aussi d’adapter en numérisant la plupart de leur processus.

-        Les porte-monnaies deviennent multicartes avec l’ajout d’autres cartes de paiement mais aussi de cartes de fidélités. La question ne va pas être quel sera le wallet de référence, mais quelle carte de mon wallet je vais utiliser le plus souvent (un peu comme les applications dans son téléphone, toutes ne sont pas utilisées à la même fréquence).

-        Croissance des offres de paiement basées sur le transfert, le prélèvement et non la carte de paiement (Dwolla aux Etats-Unis, SLimPay en France) ce qui diminue fortement les coûts de transactions et permet d’inventer de nouveaux modèles de paiement (abonnement, commissions…)

-        Désynchronisation de l’achat et du paiementdes offres comme Klarna permettent de commander en ligne et payer à la livraison, de plus en plus de modèles d’abonnement comme la nouvelle offre de Square . Voir le billet de TekFin sur le sujet.

-        Croisement de l’identité et des paiements (c’est en partie la stratégie de Paypal avec OpenID)

-        Terminaux de paiement en magasins plus ouvert permettant l’intégration d’applications tierces.

-        Fin du modèle à 4 coins et retour des réseaux fermés : de plus en plus d’offres de paiements innovants se construisent sur des boucles fermées où la personne qui paye et la personne qui accepte le paiement sont tous les 2 clients du même fournisseur  : ceci implique une moins grande universalité des moyens de paiement mais plus de liberté dans les modèles économiques.

-        Les monnaies complémentaires : l’apparition de monnaies spécifiques à un secteur économique ou à une communauté vont profiter de l’essor des portes monnaies électroniques

Le Peer to Peer gagne en maturité

Les plateformes d’échanges financiers de personnes à personnes ont connu une année 2011 mouvementée mais leurs offres gagnent en légitimité. Il existe différents modèles, le prêt de particuliers au particuliers (prêt avec intérêt), le mécénat participatif (comme la plateforme de « Crowdfunding » Kickstarter aux Etas-Unis ou encore KissKissBankBank en France) et enfin le P2P venturing où les participants prennent des parts dans les sociétés qu’ils financent.

Les plateformes de prêt de particuliers à particuliers comme Prosper ou LendingCLub aux Etats-Unis ou encore FriendsClear ou Prêt d’union en France ont toutes levées des fonds et validées leur modèle légalement auprès des instances de régulation. Aux Etats-unis un amendement est en discussion au sénat pour donner plus de légitimité à ces plateformes.

A suivre en 2012 auour du Peer to Peer

-        En France, Lobbying pour un assouplissement réglementaire des contraintes des plateformes de financement décentralisé

-        Nouveaux outil de calcul du risque basé sur la réputation en ligne. Est-ce qu’un utilisateur aura un tôt d’intérêt calculé en fonction de ses amis Facebook ? Des banques travaillent déjà sur le sujet.

-        Accroissement de l’intégration des outils de financement et des réseaux sociaux (tontines 2.0)

Banque en Ligne : PFM et nouvelles banques

Après le lancement début 2011 de l’offre de Gestion des finances personnelles (PFM) de Boursorama MoneyCentre, les banques lancent toutes leur propre PFM que ce soit sur l’interface de banque en ligne classique ou à travers des applications mobiles.  Des start-up (Linxo http://www.linxo.com/, Bankin http://bankinapp.com/ ) se positionnent aussi sur ce marché en mettant en avant l’agrégation de compte et des interfaces plus dynamiques.

Des nouvelles banques innovantes se sont aussi lancées en 2011 avec Simple qui avec un deisgn épuré et un positionnement de plateforme ouverte qui montre la voie des banques de demain, MovenBank http://bank2book.com/2011/09/20/movenbanks-reboot-of-banking-now-the-work-really-starts/, la première banque qui demande à ses utilisateurs de se connecter avec son profil Facebook qui ne propose aucune carte (que du paiement via mobile) et enfin qui analyse les profils sur les réseaux sociaux afin d’offrir des crédits.

Vidéo : présentation de l’interface de BankSimple

Simple Demo from Simple on Vimeo

A suivre en 2012 pour la banque en ligne

-        PFM pour les TPE : apparition de d’outils de PFM pour les PME sur le modèle d’Indinero ou Xero qui permettent aux petites entreprises de facilement suivre ses flux financiers (au croisement de la banque en ligne et du logiciel de comptabilité)

-        Agrégation bancaire : si en 2011 les banques ont lancé des PFM sans offrir la possibilité d’agréger les comptes des autres banques (sauf pour Boursorama), ce point devrait évoluer en 2012

-        Apparition de banques spécialisées sur des verticaux comme la banque des ecommerçants ou encore la banque des étudiants.

-        API bancaire : Le crédit Agricole devrait annoncer la première l’ouverture d’API pour permettre à des applications tierces se connecter aux espaces de banque en ligne.

-       L’apparition de plateforme permettant de construire sa propore banque (Bank as A Service )

Autres tendances

La donnée : L’année 2011 a été celle de l’apparition concrète de l’économie de la donnée et les banques l’ont compris aussi avec par exemple VISA qui s’essaye à la publicité ciblée en fonction des dépenses ou encore Cardlytics qui distribue des coupons sur les relevés bancaires et Kabbage qui fournit des prêts aux eCommerçants en fonction des données de vente en temps réel de ces derniers.

La finance éthique et solidaire : En France, le crédit Agricole Caisse deGascogne a lancé 2 banques sur des modèles solidaires, alors que 2 étudiants lancent SPEAR (plateforme de financement de projets repsonasables) et la startup Capital Koala qui détourne le cashback pour aider les parents à financer les études des enfants.

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