Archives de la catégorie Futur du Web

Numérique 1 – Emploi zéro !

 

J’aime le web et j’aime le monde numérique plus généralement. Les nouvelles technologies ont permis de créer une valeur absolument gigantesque, elles ont créé de nouveaux marchés inimaginables il y a quelques années, en somme elles ont largement augmenté la taille du gâteau !  

En revanche, il ne fait plus trop de doute que le numérique détruit beaucoup plus d’emplois qu’il n’en crée, il va même peut-être détruire tous les emplois… Pour éviter tout de suite les remarques et commentaires : je ne me plains pas de ce fait, je l’accepte, et je pense que nous devrions collectivement réfléchir à la société dans un monde post-emploi.

Cette idée du numérique qui détruit l’emploi est en train de monter fortement et elle est de plus en plus documentée. Rien que cette semaine, la couverture de The Economist  , un billet sur France culture  ou encore une interview de Paul Jaurion  dans le figaro. Sans parler des livres comme Who owns the future de Jaron Lanier, ou encore The second machine age.

Certes, le numérique crée aussi de l’emploi. Mon métier est d’investir dans des startups et de les accompagner pendant leurs premières années. Quand elles trouvent leur marché, elles passent de 4  salariés à 10, 20, 100 salariés et plus au fil des années.

Cependant la plupart de ces startups créent des services, des solutions technologiques qui optimisent et automatisent des process faits auparavant en partie par des hommes. Ou alors elles désintermédient des acteurs en place et globalement permettent de faire à 5 ce qui nécessitait 30 personnes auparavant.

Le numérique lui-même est pris dans ce tourbillon. D’après ce rapport (pdf), le nombre d’employés par start-up se réduit au fil des

création d’emplois des startups US

années. Et dans chaque conférence, on entend toujours les mêmes histoires de sociétés qui dominent un marché avec très peu d’employés (Instagram: 13 employés, Lending club 150 employés)

Il ne fait aucun doute que le numérique crée et libère une énorme valeur : les chiffres de progression de la productivité ne laissent aucune place au doute, comme l’évoque ce billet récent de Gilles Babinet . Mais croyez-vous vraiment que ces progrès de productivité créent des emplois. La destruction créatrice de Schumpeter fonctionne parfaitement au 21ème siècle. D’énormes pans d’industries sont détruits, éclatés, transformés par de nouveaux modèles, uniquement possibles grâce aux capacités numériques. Il y a bien destruction puis création d’une valeur plus grande. Mais une création de valeur n’implique plus forcément une création d’emploi. Nous sommes trop habitués à raisonner en termes d’emplois, à lier la valeur collective à la création d’emplois. Le chômage est l’indicateur clé qu’il faut maîtriser, faire diminuer… Nos politiques ne raisonnent que comme cela, rappelez vous « travaillez plus pour gagnez plus » de Sarkozy, ou  » l’inversion de la courbe du chômage » chère à Hollande.

Il y a bien comme toujours destruction et création d’emplois. Cependant ce n’est pas un jeu à somme nulle, et surtout les emplois détruits sont très différents des emplois créés, comme l’explique cet excellent article d’Hubert Guillaud dans Internet Actu  :

Aujourd’hui, tout le monde s’interroge sur la durée, la nature, l’ampleur de la phase de destruction de l’emploi. On estime à 7,5 millions le nombre d’emplois perdus ces 5 dernières années aux Etats-Unis, principalement des emplois intermédiaires (entre 38 et 68 000 dollars par an soit entre 27 et 50 000 euros). Sur les 3,5 millions d’emplois créés sur la même période, 29% concernent des salaires élevés, 69% des salaires très bas, et seulement 2% des salaires intermédiaires. Dans la zone euro, la disparition d’emplois de salariés intermédiaires s’élève à 6,7 millions et la création d’emplois à 4,3 millions, essentiellement des emplois peu rémunérés là encore. Source InternetActu

La classe moyenne est donc en train de s’enfoncer vers la pauvreté. Ce genre de mouvement n’est malheureusement jamais trop bon pour l’économie mais surtout pour la démocratie. Mais ceci est un autre débat.

Voici quelques tendances fortes que j’ai pu découvrir sur l’impact du numérique sur le travail et surtout l’emploi.

L’automatisation et la robotisation 

C’est l’axe le plus évident, le plus tarte à la crème. Nous voyons apparaître des algorithmes et des robots qui remplacent simplement et directement des activités faites auparavant par les hommes. Les robots dans les usines, l’impression 3D sont autant d’exemples d’optimisation de la production qui remplacent et démultiplient la force humaine certes mais aussi pour des taches de plus en plus complexes. De la transformation des secteurs primaires et secondaires (agricultures et production) issue de la révolution industrielle et la mécanisation, la puissance numérique va transformer le secteur tertiaire des services qui représente aujourd’hui 80% des emplois.

Le premier âge était celui de la Révolution Industrielle inaugurée à la fin du 18ème par la machine à vapeur. Le Premier Age, c’est celui où la machine remplace la puissance musculaire de l’homme, où cette puissance augmente à chaque évolution, mais où l’homme est toujours nécessaire pour prendre les décisions. Et même, plus la machine évolue, plus la présence de l’homme est nécessaire pour la contrôler. Le premier âge, c’est donc celui d’une complémentarité entre l’homme et la machine.

Le Deuxième Age est très différent : on automatise de plus en plus de tâches cognitives et on délègue à la machine les systèmes de contrôle qui décident à quoi la puissance va servir. Et dans bien des cas, des machines intelligentes prennent de meilleures décisions que les humains. Le Deuxième âge, ce n’est donc plus celui de la complémentarité homme-machine, mais celui d’une substitution. Et ce qui rend possible ce phénomène, ce sont trois caractéristiques majeures des technologies contemporaines : elles sont numériques, combinatoires et exponentielles.

Source:  Xavier de la Porte sur france culture

Prenons l’exemple des google cars.  On sait aujourd’hui faire conduire une voiture sans conducteur dans les rues d’une ville. Et quand demain cette ville sera remplie de capteurs, quand les voitures de devant et de derrière transmettront leur vitesse, il y aura comme des rails numériques et dynamiques permettant d’assister la voiture dans sa conduite.  Pensez-vous que l’on parlera encore dans 20 ans de la querelle taxi vs VTC quand tous ceux-ci seront remplacés en grande partie par des robots et des algos ?

Les régies publicitaires sur internet sont aussi une illustration de cette tendance, d’autant plus intéressante car la création et destruction s’est faite sur un cycle très court. Lors de la première ère du web, parmi les premières entreprises créées, il y a eu l’ecommerce et les régies publicitaires. Ces dernières ont traité le web comme un média et ont donc permis la monétisation de l’audience. C’est aujourd’hui encore le modèle économique d’une grande partie du web grand public. De 95 à 2005, il s’est créé un grand nombre de régies publicitaire web et mobile. Il y a eu un mouvement de concentration assez naturel sur ce genre d’activité, mais surtout l’arrivée du programatic advertising qui, tel un ouragan, est passé sur ces régies dont l’essentiel de la force de travail était des commerciaux vendant de l’espace d’affichage. Avec le Ad exchanges, un humain seul peut acheter ou vendre des milliards d’impressions.  Ces régies, qui en 10 ans ont créé beaucoup d’emplois, sont en train d’être désintermédiées par des places de marchés et automatisées par des algorithmes. Alors que, dans le même temps, le nombre d’impressions potentielles, le nombres d’écrans et le nombre d’annonceurs explosent.

L’économie horizontale

La véritable puissance du web est dans son organisation en réseau décentralisé (plus ou moins neutre…) et donc sa capacité à supporter les organisations et des modèles économiques en réseaux.  Le succès actuel de la consommation collaborative avec des startups comme airbnb, blablacar, kisskissbank, La ruche qui dit oui (disclaimer à l’anglosaxon : mon employeur est investisseur dans La ruche Qui dit Oui et KissKissBankBank) permettent d’acheter, de partager, de louer les biens et services d’autres consommateurs. Ces plateformes créent énormément de valeur en rapprochant directement offre et demande et en supprimant les intermédiaires.

Elles entraînent une situation intéressante : d’un côté elles concurrencent Lire la suite »

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Bitcoin : le système monétaire de l’ère du web

L’actualité très récente a mis Bitcoin sur le devant de la scène. Alors que la valeur du Bitcoin a dépassé les 100€, des acteurs de l’écosystème Bitcoin subissent des attaques ou des difficultés à fournir leur service. Il en résulte que tous les gros sites internet finissent par parler de Bitcoin, qui fait même la une du Financial Times aujourd’hui 4 avril 2013 !

Cela faisait très longtemps que je voulais écrire un billet sur Bitcoin, je profite donc de cette crise d’euphorie autour du Bitcoin pour me donner un coup de pied aux fesses et tenter de résumé dans ce billet ce que je sais du Bitcoin. Si de vrais Bitcoiners me lisent, pardonnez s’il vous plait par avance mes simplifications. L’article ne sera pas complet et ne rentrera pas dans les détails du fonctionnement du Bitcoin mais tente plutôt d’en décrire les grands principes.

Le Bitcoin qu’est ce que c’est ?

Bitcoin, c’est

-          un réseau alternatif de traitement des transactions sur internet,

-          utilisant une monnaie autonome,

-          P2P,

-          open source,

-          prévisible et mathématique.

Le mot bitcoin désigne à la fois les unités de compte qui circulent sur le réseau bitcoin et le réseau lui-même, qui permet de transmettre et de valider les transactions en bitcoin. C’est de ce point que vient beaucoup de confusions.

Je répète Bitcoin c’est :

  • une monnaie, c’est-à-dire une unité de compte  qui permet de stocker de la valeur, d’échanger des biens ou services. Tout comme le sont le $ ou l’€. Cette monnaie a un cours fixé par le marché et c’est ce cours qui est en train d’exploser et qui fait la une des journaux… Cette monnaie n’a pas d’émetteur central et est donc très différente des monnaies complémentaires qui ont existé jusqu’à présent et où il y a toujours un organisme central qui a la main sur le robinet de monnaie (les miles des compagnies aériennes, les Facebook Credit, les World of Warcraft $…).
  • Mais bitcoin est aussi (et surtout) un protocole de paiement décentralisé (P2P) : pour faire simple c’est Visa/Mastercard rencontre Bittorrent. A la différence de Visa/Mastercard ou Paypal qui sont des réseaux de paiements centralisés où celui qui paye et celui qui est payé doivent adhérer au réseau, avec Bitcoin, nous sommes face à un vrai réseau Peer to Peer où je peux payer un tiers sans passer par un point central. C’est bien dans ce réseau de transaction que réside toute la puissance de Bitcoin. Le réseau Bitcoin est une alternative libre et ouverte aux réseaux d’acceptations de paiements qui sont un oligopole de Visa, Mastercard, Paypal et des banques.

Dans la suite du billet j’insisterai plus sur cette vision de réseau de paiement de Bitcoin plutôt que dans la notion de monnaie/or numérique qu’est le Bitcoin même si c’est cet axe qui intéresse actuellement les spéculateurs (dont j’avoue faire parti) et les journalistes.

Concrètement que peut-on faire avec le réseau Bitcoin ?

Aujourd’hui lorsque vous payez en ligne, en donnant votre numéro de carte, vous donnez l’autorisation à un tiers de venir tirer l’argent sur votre compte. A chaque fois que vous achetez en ligne vous diffusez donc un point d’entrée vers votre compte en banque. Avec le protocole Bitcoin, on parle de « Push payment » ou encore de « cash numérique ». S’il y a « coin » dans le nom c’est bien pour une raison, lorsque vous avez un bitcoin vous avez physiquement la pièce sur votre support (ordinateur, téléphone…).  Je veux payer Amazon je leur envoie 20€ pour un livre. Littéralement j’envoie de l’argent (des bitcoins) de mon compte bitcoin vers leur compte bitcoin. Exactement comme à la librairie du coin de la rue ou je pose 20€ sur table. Avec des moyens de paiements qui s’appuient sur le réseau Bitcoin je peux donc payer en ligne (et dans la rue grâce aux smartphones) sans passer par les systèmes de paiements traditionnels,  surtout sans passer par un point central et avec des commissions extrêmement basses.

Comment ça marche ?

Dans l’univers Bitcoin tout est régi par des adresses qui ressemblent à cela

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Chaque participant au réseau Bitcoin a donc une adresse à partir de laquelle il peut recevoir des fonds, envoyer des fonds et stocker des fonds. L’adresse Bitcoin est l’équivalent du compte en Banque. Par contre tout utilisateur peut créer autant d’adresses qu’il le veut. Toutes les adresses sont publiques mais chacun peut décider de faire un lien entre cette adresse et une personne (ou une entreprises) ou bien de rester anonyme.

Toutes les transactions qui passent par le réseau Bitcoin sont visibles de tous. Des sites comme blockchain.info permettent de voir en temps réel toutes les transactions.Une base de données partagée par tous les participants au réseau bitcoin, constamment mise à jour est représentée par une chaine de bloc qui regroupe l’ensemble des transactions réalisées depuis la création du Bitcoin.

En revanche, le réseau Bitcoin ne s’oppose pas aux monnaies classiques, il est tout à fait concevable d’effectuer des transactions €/€ ou même Lire la suite »

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The rise of context, interest and intent APIs

APIs are a big part of the future of the web ecosystem. To draw a parallel with the human body we could say that APIs are becoming the nervous (or even neuronal) system of the web. APIs are like nerves transporting information from different sensors (other apps and services) so that the brain can make a decision.

There is clearly a lot of different APIs and different APIs category as you can see in this Programmableweb screenshot .

There will be even more categories in the future. But the idea of that blog post is to categorize the API ecosystem differently.

First we can categorize API around what they do, just like 3scale did with 3 main categories:

-        Logic APIs : provide a service, an algorithm to transform data into something else.  Google translate, or Google goggles are good example. You send them data (a picture, a text) and they analyze and send you back a translation or the name of a product. A payment API could also go in that category as it provides a series of process on demand.

-        Data APIs : this is the largest family that can fit a lot of API. They just provide raw data that are exploited by apps, or by other API. We’ve seen emerging recently the “data supermarket” : Factual, Infochimps, DataPublica in France, Microsoft Azure Data Market Place are marketplaces where data providers will come to give or sell sets of data, or allow users to query datasets, mostly through API. Open Data website by government are an example of data market specialized in public dataset. PFM services could be an example of API that provide a lot of data about a user consuming habits. Those supermarkets are not yet one single API but we can see that coming. In the near future: if you want data, you’ll call one of those datasupermarket API and select in drill down menu which datatsets you need and you’ll pay according to the freshness are granularity of the data.

-        Presentation  API : provide the layer of visualization that can put the data and algorithm APIs in tune.  Google map is a good example of presentation layer to display geo data. Dipity http://www.programmableweb.com/api/dipity is another exemple : it allow you to show inormation on a timeline.

I’ll try to split the different type of API in categories that would be the most common needs for most the apps developed. To continue with the body analogy, we could say it is the main nervous system.

First you got the context APIs : this is the most common API you will find, giving information about who, what, when and where a user is. Those contextual informations provided by APIs on specific services will influence the app being used. We can slplit those “Context APIs” in sub-categories.

  • Who APIs : facebook is the obvious one, even though twitter, gmail and others are also doing a good job at it. The developer will use one of the other according to what he needs more for his app : virality and social graph he will Lire la suite »

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API et Darwinsime

en 1999 les gens disait pourquoi je devrais avoir un site web, 3 ans après tout le monde avait un site web, en 2009 les gens disent pourquoi je devrais avoir une API, 2 ans après tout le monde est en train de construire son API….

J’ai eu la chance d’aller au Web2expo à San-Francisco le printemps dernier. Et la meilleure présentation que j’ai vue pendant ces 3 jours autour des tendances du web est celle de Sam raji le directeur stratégie d’APIGEE, un des acteurs du web qui se positionne sur la gestion des API (avec Mashery et 3scale). Ce sont les petits malins qui à l’heure de la ruée vers l’or se contentent de vendre les pelles et le pioches !

Ce qui est excellent dans cette présentation est le parallèle qui est fait entre les API et Darwinisme, ou comment en ouvrant l’accès à son SI interne ou à ses données, une entreprise facilite la création de nouvelles branches de sa lignée qui seront probablement les plus résistantes dans les environnements futurs.

Je n’ai rien à ajouter plutôt que de vous dire de regarder ces slides et surtout de laisser tourner la vidéo en parallèle avec les commentaires de l’auteur en personne.

Darwin’s Finches, 20th Century Business, and APIs. Evolve Your Business Model: (Sam Ramji’s Web 2.0 Expo Talk) from Apigee on Vimeo.

Et bien sûr pour tout savoir sur les API on ne présente plus l’indispensable ProgrammableWeb (racheté cette année par Alcatel-Lucent, tiens tiens…)

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Le twitter nouveau est arrivé : un pas de plus vers les internetS

Cette nuit Twitter a annoncé sa nouvelle version. Et ils ne l’ont pas appeler twitter 2.0 (ou encore plus geek  1.8) mais le new twitter. Ça me rappelle le New coke qui s’était soldé par le retour du Classic coke quelques temps après…

Donc le nouveau twitter c’est un twitter sur 2 colonnes avec des onglets. En clair et rapide c’est un twitter qui propose les focntionalités que les clients tiers (type seesmic, tweetdeck) proposaient depuis quelques temps dans leurs apps.

La colonne de droite va afficher des informations et surtout le contenu des tweet qui défile sur la timeline dans la colonne de gauche. Les onglets vont permettre de passer d’un univers à un autre (réponse, retweete…)

J’ai comme l’impression que le new twitter ça va être un twiter où l’on va passer de plus en plus de temps au sein de l’univers Twitter un peu comme Facebook le fait très bien et comme Google le fait avec ces dernières versions où de plus en plus de résultats de requêtes renvoent vers son propre domaine (maps, actualités…).

Cela me rappelle mon retour de vacances la semaine dernières quand j’ai ouvert ma boite aux lettre pour y trouver ces 2 couvertures de magasines. 

Derrière nous avons donc des stratégies de conservation de l’audience et monétisation des eyeball.

Alors les hardcore user vont faire des manifs pour retrouver l’ancien Twitter comme on l’a vu avec l’ancien ReTweet et avec le New coke.. Certains vont se tourner vers status.net et autres alternatives ouvertes de Twitter. Mais bon la majorité va suivre et peut être même que de nouveaux vont continuer à venir.

Questions à plusieurs milliards de $ : où est l’asymptote de cette courbe ?

Alors The web is dead ou bien Internet est mort vive les internetS.

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