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Expérience bancaire du futur

Imaginons un instant à quoi pourrait ressembler une banque du futur. Pas une banque irréaliste d’un lointain futur lorsque que nous vivrons dans l’espace. Plutôt une suite de services financiers qui existent actuellement et qui regroupés ensemble pourraient fournir une expérience bancaire idéale.

Le monde bancaire étant globalement un monde de gestion de flux et d’algorithme, Internet semble être l’outil idéal pour l’optimiser et le transformer. Certes il y a et il y aura toujours des services fournis autour de la finance et le métier de banquier continuera d’exister. Mais la partie immergée de l’Iceberg des services financiers (les back-office, les acteurs du flux (paiement, transfert, ordre d’achat, les fournisseurs de données….) vont fortement évoluer et impacter l’expérience bancaire des clients qu’ils soient des particuliers ou des entreprises. Un « Financial Stack » va se mettre en place similaire aux « stacks » de programmation. Un Cloud financier apparait avec des couches basses qui fournissent l’infrastructure de base (back office bancaire, DAB, réseau d’agences, réseau interbancaire), des plateformes qui fournissent les outils bancaires (brique de paiement, outil de tenue de compte, agrégation d’API bancaire), et enfin la couche des services et des offres aux clients finaux, les applications bancaires.  Plus d’information sur ce sujet dans ce billet .

Une fois ce « stack  financier » mis en place, une éclosion de services financiers construits pour des acteurs bien précis (particuliers, ecommerçants, jeunes, riches, pauvres…) pourra voir le jour.

Je suis un particulier

Mon interface bancaire ressemblera plus à un flux (une timeline) comme l’interface de twitter, Facebook, Instagram… Une interface qui convient à la fois aux ordinateurs et aux téléphones mobiles. En face de chaque transaction l’utilisateur peut ajouter des données, des meta-données, lier des fichiers (reçus, contrats, bon de commande). Le nom des créditeur / débiteur est clickable et je peux voir mon historique des échanges financiers avec chacun. Des codes couleurs pour les favoris, les récurrents et autres filtres. OpenBankProject ou Holvi ont des interfaces qui s’approchent fortement de cette vision.

Comme sur les réseaux sociaux je peux partager mes comptes (dans leur ensemble, ou juste une partie, avec différents niveaux de granularité) avec des tiers. Avec ma famille, mes associés je peux autoriser un accès permanent ou temporaire. L’équivalent des cercles Google+ peut être utilisé pour choisir mes groupes et conditions de partage. C’est le modèle que met en avant l’OpenBankProject avec son API OpenSource.

Par-dessus cette interface je peux bien sûr lancer des PFM qui me permettent de visualiser, trier et analyser mes dépenses (LinxoBankin en France, Meniga ou Strands en Europe). En plus des options de représentation et de tri sur les dépenses courantes, mon PFM agrège tous mes comptes bancaires mais aussi mes comptes d’épargne, d’épargne salariale. Il me permet de fixer des objectifs et de mettre en place des règles d’épargne automatique, mes comptes en facebook credit, miles air France et en la monnaie complémentaire de ma communauté locale (exemple à Nantes pdf ). J’ai une visibilité en permanence de mon cash-flow avec une anticipation des dépenses et entrées d’argent à venir. La valeur totale de mes avoirs (ou de mes dettes) est en permanence mise à jour. Mon téléphone m’indique après chaque dépense où en sont mes comptes pour le mois en cours et me dit si je peux me permettre d’acheter tel produit ou si je ferai mieux d’attendre 2 semaines que le remboursement de ma mutuelle arrive. C’est l’expérience que tente d’offrir Simple

Les services à valeur ajoutée de mon banquier se basent sur l’analyse par des algorithmes de mes flux financiers. Avec qui j’échange le plus, les plus grosses sommes, le plus fréquemment. Le banquier propose automatiquement des services pour gérer l’excèdent de trésorerie ou à l’inverse adoucir la courbe de remboursement des dettes. Lorsque j’ai des échanges fréquents avec un commerce ou un fournisseur, des liens directs se font entre les comptes en banque afin de limiter les frictions et les frais sur les transferts. Une fois qu’une récurrence d’échange se met en place, un système de crédit ou de faciliter de paiement se met en place.

Avec la mise en commun de mes données de dépenses anonymisées je contribue aussi à la croissance et l’amélioration de moteur de recommandation comme Bundle de Citibank qui va me proposer le meilleur restaurant où aller en fonction de mes habitudes.

Ma banque propose ses services sur Iftt , plateforme qui me permet de déclencher des process d’actions en fonction de certains événements. Par exemple, si mon compte courant descend à 50€ transfert automatiquement 200€ de mon compte d’épargne ouvert dans une autre banque qui fournit elle aussi ses services sur IFTT

Comme ma banque me fournit une API je peux aussi laisser des fournisseurs, des clients, des financeurs récupérer et analyser une partie de mes données bancaires afin de me noter et de me fournir des services adaptés à mes besoins et ma Lire la suite »

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Innovation Bancaire, 2011 une année mouvementée, qu’attendre de 2012 ?

L’année 2011 a été très chargée dans les innovations technologiques et marketing de l’univers des services financiers. Cette évolution rapide est liée à plusieurs facteurs :

-        Les évolutions technologiques : le cloud qui permet d’agréger et d’analyser de grande quantité de données (et la finance est une activité qui créée et exploite avant tout de la donnée), les Smartphones qui sont l’outil parfait pour faire le lien entre internet et le point de vente.

-        Les évolutions réglementaires : le lobbying de certains acteurs extérieurs à l’univers bancaire et  l’ouverture à une concurrence européenne sont autant de forces qui assouplissent les conditions d’entrée sur un marché où jusqu’à présent la marche était très haute.

-        Les évolutions dans les usages : Le développement de l’usage du smartphone en magasin et une plus grande confiance dans les places de marchés en ligne ont soutenus la croissance de nouveaux services financiers. La dimension « sociale  et communautaire » du web qui s’applique aussi aux secteurs financiers avec l’apparition de réseaux sociaux autour des finances (partager des conseils pour la consommation et l’investissement, se regrouper en communauté pour consommer…)

Je résume ici les tendances qui se confirment en 2011 et en essayent de voir les nouvelles tendances à venir. Le prochain BarCampBank à Paris, le 28/01 sera l’occasion d’échanger sur ces sujets entre autres. Un groupe Google+ fait aussi passer de nombreux liens.

Paiement

L’essor du porte monnaies électroniques (Wallet) : si Paypal a eu le champ plus ou moins libre pendant une décennie sur ce secteur, les gros acteurs ont lancé leurs portemonnaies en 2011 : les opérateurs mobiles (ISIS aux US, Buyster en France…), les banques (Kwixo, ICB), les géants du web (Amazon check Out, Google Wallet). 2012 donnera des indications sur qui seront les vainqueurs, l’indicateur intéressant étant de savoir combien de marchands acceptent ces nouveaux moyens.

Paiement en magasin : La forte croissance du parc de smartphone qui est un lien permanent vers le cloud et permet donc d’être le point d’accès central vers différents services web qui, intégrés, enrichissent véritablement l’expérience de consommation (voir ce billet de la revue banque qui décrit bien à quoi va ressembler cette expérience avec une analyse du rôle joué par tous les acteurs ). En revanche le paiement n’a toujours pas trouvé le capteur du téléphone qui est son meilleur allié : le NFC/Sans contact poussé par les pouvoirs publics et les opérateurs mobiles mais tarde à décoller faute d’un parc installé, l’appareil photo qui sert de capteur pouvant lire les codes-barres ou photographié des chèques, le GPS qui permet la localisation dans un magasin, l’écran tactile qui peut permettre de signer. La réponse est surement dans la combinaison de ces capteurs.

La stratégie d’acquisition suivie par Paypal en 2010/2011 illustre cette tendance qui permet d’utiliser le mobile comme un outil de consommation au-delà du simple paiement (recherche de produits, comparaison et analyse, paiement, promotion, fidélité..). L’évolution des paiements en magasin passe aussi par la connexion des points de vente à Internet : terminaux de paiement ouverts sur IP, boutiques et arrière boutiques connectées (stock, crm, facture, commande, sourcing…).

Enfin l’utilisation du mobile comme terminal permettant d’accepter les paiements semble connaitre un véritable succès illustré par le parcours jusqu’ici sans faute de Square.

Fig1. Dépenses par secteur et montant via Square au Etats-Unis

A suivre en 2012 autour des paiements

-        Croisement plus profond du marketing et du paiement : le paiement s’insère dans des applications de « consommation »

-        Les magasins connectés : pour faire face à des consommateurs de plus en plus connectés, les magasins doivent aussi d’adapter en numérisant la plupart de leur processus.

-        Les porte-monnaies deviennent multicartes avec l’ajout d’autres cartes de paiement mais aussi de cartes de fidélités. La question ne va pas être quel sera le wallet de référence, mais quelle carte de mon wallet je vais utiliser le plus souvent (un peu comme les applications dans son téléphone, toutes ne sont pas utilisées à la même fréquence).

-        Croissance des offres de paiement basées sur le transfert, le prélèvement et non la carte de paiement (Dwolla aux Etats-Unis, SLimPay en France) ce qui diminue fortement les coûts de transactions et permet d’inventer de nouveaux modèles de paiement (abonnement, commissions…)

-        Désynchronisation de l’achat et du paiementdes offres comme Klarna permettent de commander en ligne et payer à la livraison, de plus en plus de modèles d’abonnement comme la nouvelle offre de Square . Voir le billet de TekFin sur le sujet.

-        Croisement de l’identité et des paiements (c’est en partie la stratégie de Paypal avec OpenID)

-        Terminaux de paiement en magasins plus ouvert permettant l’intégration d’applications tierces.

-        Fin du modèle à 4 coins et retour des réseaux fermés : de plus en plus d’offres de Lire la suite »

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Bank as a Platform

Une nouvelle génération de services bancaires est en train d’émerger. En s’appuyant sur les technologies web, mais surtout sur les nouveaux business model que ces technologies induisent, des start-up proposent des offres bancaires nouvelles.

Je ne parle pas ici des banques en ligne, simple nouveau canal de distribution pour les grands réseaux de banques de détail, mais bien de nouveaux modèles bancaires proches d’une stratégie As a Service et plus précisément As A platform.

Petit rappel sur ce qu’est le cloud computing

Quand on parle du cloud computing, d’un point de vue technologique nous parlons d’applications qui tournent sur des serveurs à distance fournis par des tiers, d’un point de vue business model nous parlons de facturation à l’usage. Mais plus précisément le cloud est sur  3 niveaux :

-         L’infrastructure as a Service (IaaS) qui fournit les services de bases, les couches les plus basses comme la mémoire vive, le stockage, le réseau, la puissance de calcul. Amazon avec son offre Amazon Web Service est un des plus gros fournisseurs et un grand nombre de service web qui se lance aujourd’hui tournent sur ces infrastructures (c’est pour cela que j’appelle cette page API status of AWS le pouls universel du web). Les fournisseurs d’IaaS ont tendance à offrir des services de plus en plus évolués en proposant en plus de l’infrastructure des suites logiciels intégrés, par exemple la gestion de base de données. On appelle alors ces services des Plateforme as a Service

-         Les Platform as a Service (PaaS) sont destinées à fournir plus qu’une simple infrastructure mais plutôt un environnement de développement. Sur ces plateformes, les développeurs peuvent construire des services  web, des applications. Ces plateformes sont soit très généralistes (Google Gear permet de développer tout type d’applications) soit vertical (google maps est une PaaS où des tiers développent des applications autour de la localisation et des cartes. Google fournit les briques de bases (des cartes, photosatellite…) et les connecteurs pour facilement utiliser ces briques. Facebook est aussi une plateforme qui fournit comme brique de base les interactions sociales et des outils de publications (les « murs »).  Salesforce et sa plateforme force.com qui permet aux entreprises de développer des applications internes au delà du CRM (comptabilité, gestion de projet..…)

-         Enfin les Software as a Service (SaaS) qui sont la partie émerger de l’iceberg. Ce sont les applications que nous utilisons sans avoir à les installer sur nos ordinateurs / téléphones mobiles. La liste est longue de Gmail à Salesforce en passant par les jeux sur facebook, les ERP (netsuite) mais aussi deezer ou picassa.

Pour l’industrie bancaire à quoi pourraient ressembler les couches d’un Cloud Bancaire

source : the park Paradigm

-         Pour les infrastructures les  besoins spécifiques vont être autour de la sécurité et surtout de la fiabilité. Des infrastructures avec sauvegarde à chaud et de garantie d’accès aux données 24/7. Les fournisseurs d’infrastructure as a service pour les services financiers devraient être les mêmes que ceux des banques actuelles (des acteurs spécialisés dans les salles blanches protégés de type Sungard) ou les acteurs du IaaS type amazon WSs’ils sont capable d’offrir les même garanties (mais à quel coût ?).

-         Pour la partie plateforme, il n’existe pas encore vraiment de Bank as A Platform. Cependant on commence à voir des acteurs évoluer vers cette stratégie :

  • Des banques traditionnelles qui sous-traite leur back office de core banking et leur SI à des acteurs innovants tiers. Puisque la banque a déjà réalisé des investissements dans un Système d’information bancaire qui respecte les différentes réglementations elle peut vendre à des tiers sa plateforme Bancaire. En France, Arkea (la caisse régional de l’ouest du crédit mutuel) suit cette stratégie en louant son Bak-office à de nombreuses start-up (Limonetick, Lemonway, Monet…), BNP Paribas retail banking semble aussi suivre cette stratégie. D’une façon général, ce que les banquiers appellent usine bancaire, quand des banques parfois concurrentes regroupent leur back office sur certaines activités (paiement, titres…) a le potentiel (si les décisions stratégiques sont prises) de devenir une Bank As A platform.

Cette notion est très bien résumé par l’excellent Chris Skinner :

Once you have network enabled components, you can add any branch, product or even country onto the network for zero extra cost. That’s the power of BaaS. That’s why some banks are starting to white label and break apart their traditional services so that corporates can just buy-in the bits they like and want.  That might be a SWIFT Gateway here, internet payment services there, international money transfers here, cheque processing there … all bits of banking, all prices and packaged to plug and play as a service.

Source, Chris Skinner aka The Finanser

BankSimple la première Bank as a Platform issue du Web

  • Les acteurs du monde du paiement ou du porte-monnaie électronique. Ils ne sont pas encore des banques mais ils sont proches d’un compte courrant avec leur porte monnaie électronique.  Paypal évolue d’ailleurs vers une plateforme en fournissant des APIs. Venu des moyens de paiement pur, Paypal évolue vers un métier de tenue de compte. Il concentre son cœur de métier sur le paiement  et le calcul du risque et laisse des tiers développer des applications incluant paypal comme coeur de solution

Pour fonctionner toutes ces plateformes devront offrir des connecteurs (API) pour laisser facilement des tiers brancher leur propre service.

-         Enfin pour la partie software/service il existe déjà de nombreux services financiers en SaaS. Paypal est un exemple de paiement en SaaS, etrade qui permet d’acheter des actions. Mais parmi les moins connus smartypig une sorte de livret A 2.0, Mint pour la gestion de compte…. Une liste assez complète peut être trouvé ici (merci à Frédéric Baud d’avoir créer et garder cette page en vie et au passage merci à toute la communauté du BarcampBank ) et je reviendrai plus en détail sur les services possibles dans un second billet sur les Bank As A Platform

Pour aller plus loin

Sean Park, un des business Angel de Bank Simple a réalisé une présentation Prezi captivante sur le sujet à voir ci dessous ou à écouter commenter par son auteur sur son blog :

platforms, markets and bytes on Prezi

Tekfin a publié au mois d’aout dernier un bon billet sur le même sujet : Banking as a Platform

De mon coté je tache de faire une veille active sur le sujet dans ma Pearltrees Bank as a Utility :

Dans le prochain billet nous regarderons plus en détail les différentes briques qui peuvent composer les étages d’une telle banque mais aussi les business models derrière ces stratégies. Enfin nous regarderons un peu plus dans l’avenir où les fonctionnalités bancaires de bases seront devenues de simple standard de communication informatique au même niveau que les couches TCP/IP.

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Square : la carte bancaire sur mobile

Square est une solution de paiement par cartes bancaires pour téléphone mobile. La photo ci dessous est assez explicite…

sq1

Square offre une belle promesse : pas de contrat, pas de frais mensuels, pas de frais cachés dans une interface simple et intuitive… Payer rapidement en toute sécurité en créant un compte utilisateur qui aura l’avantage de mettre en avant votre photo et permettra de vous identifier visuellement lors du paiement. Vous recevrez en tant que donneur d’ordre vos reçus par email. 1centime par transaction est prélevé et donné à une ONG du choix de l’utilisateur.  Des offres de couponing sont disponibles du coté du marchand.

Cette offre est vraiment innovante dans le process de paiement. D’un point de vue technique le petit bout de hardware se branche simplement sur la prise jack audio du téléphone. La solution sera alors probablement compatible avec de nombreux types de téléphone. Evidemment cette solution sera surtout utilisée par les particuliers et quelques auto-entrepreneurs.  Les commerces sont déjà fortement équipés en terminaux de paiement électronique (du moins dans les pays développés où les cartes de paiement sont répandues).

Mais si la start-up risque de faire beaucoup parler d’elle c’est grâce Lire la suite »

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